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Mise au point d’une méthodologie pour l’identification et la quantification des mycotoxines sur les papiers moisis

Ce projet est financé par l’AFSSET et le PNRCC du ministère de la culture et de la communication.

Suite aux appels à projets 2008 de l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) et du PNRCC (Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel) du Ministère de la culture et de la communication, le CRCC lance une nouvelle recherche sur l’identification et la quantification des moisissures et de leurs mycotoxines colonisant des supports papier.

Le projet AFSSET EST 08-27 d’une durée de 3 ans, permet de financer une thèse et d’unir les compétences de 5 équipes pour faire l’inventaire des mycotoxines présentes dans des supports naturellement contaminés, à savoir les papiers peints de locaux insalubres et les collections de documents graphiques et d’évaluer le risque mycotoxicologique sur des cellules épithéliales respiratoires in vitro. Les équipes partenaires du CRCC sont : les laboratoires de Parasitologie de l’hôpital Mondor et du CHU de Besançon, l’URA 2096 CNRS/CEA et le laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie de l’INRA/Toulouse.

Le projet PNRCC d’une durée de 2 ans sera réalisé en collaboration avec le Département de l’Innovation technologique et de la normalisation de la Direction des Archives de France. Ce volet du projet vise à réaliser une enquête épidémiologique (questionnaire et analyse de la biocontamination) auprès de divers centres d’archivage afin de définir une méthode de diagnostic des biens culturels et leur environnement et évaluer les risques sanitaires liés à une exposition des utilisateurs avec les collections contaminées.

  • Présentation du projet :

Certaines moisissures produisent des mycotoxines dont le rôle dans la contamination des denrées alimentaires est bien connu. A l’inverse, les connaissances sur les risques liés à l’inhalation de ces mycotoxines sont réduites. Or ces toxines sont présentes au niveau des spores fongiques et peuvent atteindre directement les épithéliums respiratoires. La présence de moisissures dans les bioaérosols est une constante, aussi bien dans les environnements professionnels que domestiques.

Cependant, toutes les espèces ne produisent pas les mêmes mycotoxines, et la présence de certaines toxines sur un support donné peut témoigner de leur présence passée alors même que les espèces ne sont plus décelables et ont été remplacées par d’autres. En effet, ces molécules sont difficilement dégradables.

Ce projet propose de développer une méthodologie pour identifier et quantifier par HPLC-UV et HPLC-sMSn des mycotoxines présentes dans des supports papier naturellement contaminés, de relier leur présence à celle d’espèces fongiques, et d’évaluer la toxicité des mycotoxines extraites sur des modèles cellulaires représentatifs de l’arbre respiratoire.

Outre des tests de cytotoxicité globale, seront mesurés les modifications de la polarisation cellulaire et le transport transcellulaire sur les cellules en interface. Les modifications de l’expression des ARNm de certains gènes emblématiques de grandes voies métaboliques (inflammation, allergie, apoptose) seront évaluées par PCR en temps réel.

Dans la mesure du possible, toutes ces modifications seront quantifiées et ramenées à la quantité de mycotoxines présente dans les extraits et donc aux surfaces de papiers moisis prélevées. Il est attendu une meilleure connaissance de la diversité des mycotoxines produites sur des papiers moisis. En partant de milieux complexes naturellement contaminés, de nouvelles mycotoxines peuvent être mises en évidence.

La méthodologie ainsi développée sera transposée et appliquée au cas particulier des manuscrits endommagés par des piqûres brunes (foxing) dont l’origine fongique est probable. En effet, le mécanisme de formation de ces altérations n’est pas élucidé, l’identité des espèces fongiques présentes étant encore inconnue du fait de l’impossibilité d’obtenir des cultures in vitro à partir des papiers eux-mêmes.

Il est donc indispensable d’utiliser des outils indépendants de la culture des micro-organismes pour identifier les espèces.


Pour plus d’information, contacter Malalanirina Rakotonirainy, CRCC.