Constitution d’une base de données historiques et techniques sur les papiers asiatiques
Le CRCC engage une nouvelle collaboration de recherche ayant pour thème l’étude des papiers asiatiques.
Présentation du projet :
La fabrication du papier apparue en Chine il y a plus de deux millénaires, est représentative des industries humaines ayant eu des conséquences durables sur l’évolution des sociétés. Les modes de préparation et leur évolution chronologique dans les aires géographiques européennes et américaines sont bien étudiés mais il n’en est pas de même des papiers orientaux, souvent mal identifiés dans les collections patrimoniales occidentales. De plus, rares sont les recherches technologiques sur les collections asiatiques conservées en Occident à l’exception d’objets remarquables. Ces imprécisions ont pour origine le manque d’informations sur les modes de fabrication des premiers papiers chinois, leur diffusion dans les pays limitrophes et leur cheminement à travers le monde arabo-musulman jusqu’en Europe.
Il existe deux raisons fondamentales à cette situation : le manque de recherches réalisées dans ce domaine par les détenteurs des sources primaires (concrètement peu d’historiens des techniques dans les pays d’Asie, à l’exception de la Chine, le Japon et la Corée, se sont intéressés à cette industrie) et la difficulté d’accès aux textes primaires comme secondaires dans des langues européennes. Ces informations sont disséminées dans des publications de faible diffusion et sont souvent redondantes. Elles sont souvent confuses, entachées d’erreurs de traduction ou d’interprétations techniques erronées.
Un dispositif d’identification des papiers sera donc mis en place. D’une part, une base de données multilingue et accessible en ligne sur les matériaux, présentée sous forme de répertoire de fibres, de vocabulaire normalisé, de photographies montrant les outils et les modes actuels de préparation des matières premières tout en les replaçant dans un contexte d’évolution historique. D’autre part, un protocole simple mais rigoureux d’identification des éléments de base des papiers développé en laboratoire complètera ce dispositif. Restaurateurs, conservateurs, historiens, archéologues bénéficieront de cette base de données, ainsi que des résultats d’analyses réalisées avec un matériel simple de laboratoire.
La première étape du travail est centrée sur deux pays producteurs de longue date de papiers, le Japon et la Corée. La seconde étape réunira les informations sur la Chine et ses multiples combinaisons de matières premières et savoir-faire. L’axe de la troisième étape s’orientera vers les pays d’Asie du sud est et de l’Himalaya. La quatrième étape suivra les voies commerciales vers l’ouest dans les régions arabo-musulmanes jusqu’en Afrique du nord.
Structure de la base de données La base de données réunira des informations portant sur
- la terminologie (noms vernaculaires et scientifiques),
- les matières premières,
- les procédés de production,
- les outils,
- les aires géographiques de production,
- les évolutions historiques des matériaux, outils et procédés.
Partenariat et collaborations
- Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne (C.R.P.B.C.). Paris
- Conservation department, National Museum of Ethnology. Osaka - Japon
- Kochi Prefecture Paper Technology Center. Kochi - Japon
- National Research Intitute for Conservation of Heritage (N.R.I.C.H.). Daejon – Corée
- Paper science laboratory, Kook-Min University. Séoul – Corée
- Department of wood and paper science, Chung-Buk University. Chung-Buk - Corée
- Freer and Sackler Gallery. Washington – USA
Pour plus d’informations, veuillez contacter Claude Laroque.
CRCC : Centre de recherche sur la conservation des collections




